Förderverein Savalou / Benin e.V.

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Milieu Human

ES TECHNIQUES CULTURALES DE L’IGNAME ET LA DEGRADATION DU MILIEU DANS LA SOUS-PREFECTURE DE SAVALOU .

  • Etude du milieu human

Cette étude portera sur la mise en place de la population et ses caractéristiques. Ceci nous permettra de voir d’abord si l’usage de l’igname à Savalou est une vielle habitude, ensuite quelles sont les aptitudes de la population actuelle face à la culture de l’igname.

a) Le peuplement

A ce jour, il n’y a eu aucune étude exhaustive menée par les historiens sur les peuples de SAVALOU. C’est pour celà que nous sommes obligé de nous contenter des sources  rales, des informations recueillies par koutinhouin et autres informations issues de nos propres enquetes pour situer l’origine de la population de SAVALOU par rapport au peuplement ancien de notre pays dans la rubrique historique du peuplement.

  • Historique du peuplement

Comme la plupart des peuples du Bas-Bénin, celui de SAVALOU constitue un sous- Groupe de l’ethnie Fon des Adja de Tado.

a) Un peuplement ancien

A une époque relativement très ancienne existait à la latitude de SEGBOHOUE (Sud-Ouest-Bénin), un village de pecheurs (les « Dovi » autrement dit les enfants du filet) d’ethnie Houédah (un mélange Adja-Aïzo) : c’était MITOGBODJI.
Selon les récits, le fils aîné du chef de ce village, DESSOU, un grand chasseur s’était absenté du village plusieurs années avant la mort de son père ALEDJOU.
A la mort de ce dernier, ses enfants se partagèrent tous les biens de leur père sans penser à la part d’héritage de leur frère DESSOU, le chasseur (Gbéto en fon, ce qui selon les Sources orales n’est rien d’autre que la transformation du mot « AVEMETO » qui serait l’équivalent de l’homme de la brousse ou des champs » en Adja) alors absent .A son retour, il protesta violemment et n’obtint du conseil de famille qui s’est réuni à cet effet qu’un petit champ de nettés (8) pour tout héritage.
Un jour, DESSOU ayant surpris un de ses frères en train de cueillir des gousses de netté dans son champ, l’abattit d’un coup de flèche empoisonnée et se vit donner le nom Lithanique de »ATTO-LOU Kpondji bo me didjè-Adida bo lankouvi » littéralement, un singe niais a regardé là-haut et l’on est tombé, d’ou le nom de ATTOLOU que porte aujourd’hui des descendants de DESSOU. Après cet incident, DESSOU ATTOLOU dut s’enfuir du village pour aller s’installer sur un nouveau site.
(8) Le netté (Parkia biglobosa) tire son importance du fait que les graines que l’on extrait de ses gousses servent à fabriquer »Afintin », condiment indispensable pour la préparation des sauces. Dès lors, gousses graines et « Afintin » font l’objet d’un petit commerce.
KOUTINHOUIN (E.S.), 1978.

<b) Des migrations et des épreuves du peuple

Vivant toujours de sa chasse, Dessou ATTOLOU se trouva dans la vallée de l’Ouémé qu’il remonta vers sa rive gauche. Ici il rencontra un des fils du chef d’un village de la région. L’enfant l’amena vers son père Ligbo, dessou offrit à son hôte la queue d’un Coba qu’il venait de tuer. En signe de reconnaissance Ligbo accorda l’hospitalité à dessou et lui permit de s’installer auprès de lui comme chasseur.
Des années passèrent et une parfaite entente règnait entre Ligbo et dessou ATTOLOU quand, de ses relations intimes et secrètes avec l’une des filles de Ligbo, Dessou ATTOLOU aura un enfant de cette fille (enfant naturel selon les récits légendaires) et lui donna le nom « AGBA-HAKO » c’est-à-dire « Collier qui serre la gorge » et « venu sans rien , il y a cependant plus qu’il ne peut en passer par son gossier » selon J. BERGE cité par KOUTINHOUIN. Malgré cela, Ligbo donna volontiers une autre fille en mariage à Dessou ATTOLOU.
Plus tard et d’un commun accord, Ligbo et Dessou ATTOLOU migrèrent le Long du fleuve Zou jusqu’à Yayè . C’est là que grandit AGBA-HAKO en même temps qu’un petit buffle que son père lui avait ramené un jour de la chasse. C’est également là que Moururent Dessou ATTOLOU puis Ligbo.
Pour régler les problèmes de succession, une opération fut organisée : seul pouvait être chef celui qui réussirait à monter le buffle devenu grand. Personne ne réussit l’opération sauf le fils « naturel » de Dessou,AGBA-HAKO. Il devient chef sous le nom AHOSSOU-SOHA , autrement dit le »Roi qui monte le cheval » ; certaines sources orales de SAVALOU l’expliquent autrement : « Ahossougbè soha bo ha so dogbé » qui signifierait « le roi préféré monter un buffle de la forêt plutôt qu’un cheval ».
De Yayè, Ahossou-Soha redescendit avec sa suite vers le Sud et alla s’installer auprès de Ouo Aïnon, maître de la terre. Celui-ci lui permit de s’installer dans un village, Houawé, non loin de l’actuel Bohicon et à la latitude de Cana. En ce moment, l’un des fils du roi d’Allada, Aho, remonta vers le Nord, après sa reconciliation avec ses frères à Ouègbo. Il arriva auprès de Ahossou-Soha qui obtint de Ouo Aïnon, que le nouveau venu s’installât à Gbennon (emplacement de l’actuel Bohicon). Tout allait bien entre les trois chefs quand, Aho profitant d’une querelle qui Eclata entre leurs fils au cours d’une parie de chasse, assassina Ouo. Alors ecoeuré par ce Geste ingrat de Aho, Ahossou-Soha dit GBAGUIDI 1er (9) dut s’éloigner un peu plus au Nord ou il créa le village Honhoungo à environ 12 kilomètres à l’Ouest de l’actuel SAVALOU , sur les bords de la rivière AZOKAN. C’est de là que Ahossou-Soha décida de s’emparer du village Nagot, Tchébélou perché sur les collines. Selon les orateurs, il fallut pour celà user de ruse et de gris-gris.
Usant de ruse, il se fit d’abord ami au chef du village TCHEBELOU et, de Gris-gris, il aurait utilisé un pigeon magique pour incendier le village de son prétendu ami. Pour manifester une fausse compassion au chef Nagot, Ahossou-Soha lui promit tout son concours pour une prompte reconstruction du village. Il se fit aider de Aho et, le jour venu, se présenta avec ses hommes chargés de bottes de paille à l’intérieur desquelles étaient cachées des armes.
(9) A Houawé, Ahossou-Soha faisait la guerre aux populations Nagot des Environs. Au cours de ses pillages qu’il menait souvent la nuit avec de grands bruits, il reçut le nom de « GBA-GUIDI-GUIDI »(qui casse avec grands bruits) par ses victimes d’ou le Nom de GBAGUIDI que conserve à ce jour la plus grande collectivité de SAVALOU.
Ne se doutant de rien, les Nagots offrirent à leurs voisins qui les entouraient de tant sollicitude à boire et à manger. Une fois repus, les hommes de Ahossou-Soha s’armèrent rapidement et se jetèrent sur les Nagots qui, impuissants, durent s’enfuir vers Bantè et Bassila ; d’autres créèrent un nouveau village : KLOUE aux environs de SAVALOU, au Nord.
TCHEBELOU, par la suite des déformations, est devenu SAVALOU qui signifierait littéralement « Grâce à mon ami » (village dû à l’amitié du chef Nagot). C’est sur ce nouveau site, au pied cette fois-ci des collines, donc du véritable TCHEBELOU , que Ahossou-Soha et sa suite connaîtront une vie culturelle intense avec la rencontre de la culture de l’igname comme principale culture vivrière, l’héritage laissé par les anciens maîtres de TCHEBELOU aux populations actuelles. De nos jours, Savalou n’est pas peuplé que de maxi. Il y a aussi beaucoup d’autres peuples qui animent la vie socio-culturelle à SAVALOU

  • Les autres communautés : les ethnies minoritaires

Il s’agit en premier lieu des sous-groupes Ifè et Datcha. Ensuite il sera question d’un autre sous-groupe, vraiment minoritaire, composé d’Haoussa, de Yoruba, de Peulh, des fons des régions d’Abomey-Bohicon, de certains peuples du Nord-Bénin et du Nord-Togo ; ce dernier sous-groupe sera considéré comme celui des étrangers.

a) Les sous-groupes Datcha et Ifè

a. a) Le sous-groupe Datcha

Sont ainsi appelées au Bénin, les populations de Dassa-Zoumè. Mais à SAVALOU, ce sous-groupe peuple certaines localités. Selon les informations, c’est ce peuple qui a créé la localité de Gobada où il est majoritaire d’ailleurs, par rapport à l’ensemble de notre zone d’étude. Les Datcha vivent du petit commerce et de l’agriculture dominée par les  éréales ; ils cultivent très peu l’igname.

a. b) Les Ifè

Ils peuplent les régions de Djalokou, Tchetti ; ils dominent l’Ouest de SAVALOU. Les informations rapportent qu’ils seraient issus des Nagots, anciens maîtres de TCHEBELOU.  Eux-mêmes affirment aujourd’hui qu’ils sont de SAVALOU de par l’histoire et que leurs parents seraient plus à Bantè et Bassila qu’à Savalou même.
Ils vivent de l’agriculture comme principale activité et plus précisément la culture d’une grande gamme de variété d’igname. Dans ce domaine ils se réclament maîtres de l’igname à Savalou (et les faits le prouvent bien). En réalité la grande partie de l’igname produite dans la Sous-préfecture de Savalou est fournie par cette partie de la Sous- Préfecture : il arrive des moments à Savalou où le prix de l’igname et ses dérivés(comme la cossette d’igname) s’éleve quand les Ifè ne se rendent pas sur le marché de Savalou livrer leurs produits.

b) Les ethnies minoritaires

Il s’agit ici des fon d’Abomey-Bohicon, des communautés du Nord-Bénin et du Nord-Togo, des peulh et des Haoussa . Ce groupe peut être divisé en deux sous-groupes distincts en raison de leurs modes de vie : les fon des région d’Abomey-Bohicon et les communautés du Nord-Togo et du Nord-Bénin sont principalement agriculteurs alors que les autres peuples vivent des activités pastorales et du commerce.

b. a) Les fon et les peulh du Nord-Bénin et assimilés

Les fon sont partout présents et en petits groupes dans la Sous-Préfecture de Savalou. Venus de leurs localités d’origine où se posent des problèmes de terres, ceux-ci Réussissent bien à s’intégrer aux populations maxi.
On les appelle ici les »Akpo Gnanguidi » ou »Danmènou »(transformation maxi du terme danmènou).
Ils s’occupent de l’agriculture et plus précisément de la culture du maïs et du Sorgho comme dominantes et, comme culture de soudure, l’igname.
Quant aux communautés des Nords du Togo et du Bénin, ce sont en réalité des peuples très voisins. On peut distinguer le groupe Togolais composé de Kotokoli des Kabyè (ou Kabrè) et quelques rares Tchamba ; ensuite le groupe béninois est surtout composé de Dendi , Somba et affiliés.
Ces différents peuples appelés indifféremment nordiques sont appelés les « Kablènou » pour les maxi. Ils sont venus de leurs diverses régions offrir leurs services aux populations maxi de Savalou. De ce fait, ils sont logés et nourris par ceux qui les engagent et ils reçoivent une récompense pécuniaire à la fin de leur séjour qui dure une ou deux campagnes agricoles ; après ils finissent par s’installer sur les terres que leur confient leurs maitres ou autres personnes et s’occupent de leurs propres activités(agriculture et élevage). Ils sont très sollicités dans la fabrication des buttes d’igname car très réputés dans la confection de grosses buttes. Ainsi un paysan maxi est reconnu grand producteur d’igname quand il a à ses services les « Kablènou » ou quand il bénéficie souvent de leurs aides.
Ils vivent dans les hameaux, les fermes et viennent s’approvisionner les jours de marchés (il y a deux différents marchés : le marché central et le marché de Zongo) à Savalou. Leurs femmes s’occupent de la vente du bois et du charbon, produits des défrichements des espaces qu’ils occupent. Depuis un moment, nombreux sont ceux d’entre eux qui ont des familles bien établis et intégrées aux réalités de Savalou parce que marié(es) à des Maxi de Savalou.

b. b) Les autres peuples : les Yoruba, Haoussa et Peulh

Ce sont ceux que nous pouvons appeler ici les étrangers sans risques de nous tromper. Ils sont pour la plupart originaires ou venu du Nigéria et du Niger. Ils vivent dans presque tous les villages de Savalou et dans les quartiers appelés Zongo.
Les Haoussa et les Yoruba font fonction de cordonniers, vendeurs de tissus, couturiers ambulants. Quant aux peulh (sédentaires et récemment nomades) ils s’occupent de la garde des troupeaux.
Nous avions signalé dans la rubrique des difficultés inhérents à nos recherches que l’un des facteurs limitants a été le manque de moyens. Ainsi il ne nous a pas été possible de préciser l’importance numérique des sous-groupes ethniques de Savalou. Néanmoins retenons que les enquêtes nous ont au moins permis de remarquer et de conclure que ces groupes humains sont des véritables usagers de l’igname tant dans la production que dans la consommation.

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